BUTCHER &
        SZYSLAK
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Butcher & Szyslak est un duo de blues formé en 2015 par Moe The Butcher (guitare, voix) et Jean Szyslak (batterie, voix). Ils sont influencés entre autres par Black Sabbath, Howlin' Wolf, Willie Dixon et les Melvins. Ils utilisent l'ensemble des classes de congruences sur les entiers relatifs pour fabriquer des chansons lentes et lourdes sur des rythmes bizarres.
Ils s'inspirent du mode de vie standardisé (supermarchés, lotissements, crédits à la consommation...) pour écrire des textes malveillants.
Un premier enregistrement de six titres, Normcore Blues, est sorti en novembre 2016 chez Super Apes Label .



Moe The Butcher       Jean Szyslak
























Transcription d'une interview pour Radio Pirate Mogadiscio


JEAN SZYSLAK :
À l'époque, j'étais en dette avec le clan Shimada d'Asago (dans le Kansai). Ils m'avaient envoyé arroser les joueurs dans un bouge de Macao, l'Enfer du Mahjong. Le truc, c'était qu'ils soient assez rincés pour que les véritables professionnels les essorent. Donc on leur servait de la pisse d'âne pas chère sans les faire payer, et le pognon était récupéré par les bakuto, les joueurs professionnels du clan. La liche arrivait et de la viande de porc bien salée qu'ils aient toujours soif. C'est comme ça que j'ai rencontré Butcher. En post-op après son changement de sexe, elle avait eu une vision de Willie Dixon qui lui disait de tout quitter pour venir apprendre la technique de l'"Éventail Qui Sépare Les Chairs" auprès de maître Wong Lo Fei.

MOE THE BUTCHER :
Maître Wong Lo Fei m’avait envoyée livrer des pièces de porc à l’Enfer du Mahjong. En entrant dans l’arrière-cour qui puait l’huile de friture, je vis Szyslak, la clope au bec ; il chantait le blues en frappant ses genoux, le temps d’une pause. Là, avec ma boîte pleine de bidoche sous le bras, des coulées de sang de cochon sur ma tunique, je me suis mise à chanter avec lui.

Ce qu'on faisait ensemble, c'était la bande son idéale pour l'apocalypse normcore qui s'annonçait, alors on a décidé de se barrer. De toutes façons, je maîtrisais l'"Éventail", et avais eu le temps d'apprendre aussi "La Feuille Dans Le Vent Qui Ouvre La Poitrine" et "Le Tranchoir Du Brouillard Du Matin" avant que la sénilité de Wong Lo Fei ne soit tellement avancée qu'il ne se rappelait plus qu'au Mahjong, le petit serpent fait plus de points que la main pleine de neuf pièces.

JEAN SZYSLAK :
On a réussi à s'embarquer sur un cargo qui nous a amené à Kobe, où on s'est planqué dans les montagnes, cinq jours à bouffer des racines, les Shimada me recherchaient, ils m'auraient retrouvé, j'aurais fini en viande salée à l'Enfer du Mahjong. Ils ont un sens de la vengeance assez poétique, faut reconnaître. Après on a été jusqu'à Yokohama, réussi à se retrouver sur un voilier plein d'amphèt’ affrêté par le clan Okamoto pour Hawaï. Et pis de là, trankilig, on a marché jusqu'à Brest.Et donc maintenant, y a Butcher qui désosse les morceaux à coups de riffs sanglants, et, comme elle dit, je tabasse mes fûts avec ma poigne de tavernier.
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